Communication humoristique destinée au Web : le DGEQ réagit officiellement à la demande du réseau TVA

4 octobre 2009

Québec, le 4 octobre 2009 – Dans une lettre acheminée aujourd’hui à M. Serge Fortin, vice-président Information du réseau TVA, le directeur général des élections du Québec (DGE), Me Marcel Blanchet, réagit officiellement à sa demande de ne pas diffuser des capsules de communications humoristiques destinées au Web, et visant à inciter les électrices et les électeurs à voter aux élections municipales du 1er novembre prochain.

D’entrée de jeu, Me Blanchet rappelle que cette campagne veut avant tout atteindre les jeunes électeurs, une clientèle particulièrement réfractaire à participer au vote et qui, par ailleurs, se réfère de plus en en plus au Web pour s’informer et échanger des idées.

 Le DGE rappelle ensuite que les capsules Web, qui présentent une parodie très exagérée d’une catégorie d’émissions d’affaires publiques, ne constituent en rien une imitation d’un animateur en particulier et n’ont évidemment pas pour objectif de manquer de respect à l’endroit d’un individu précis.
 
Exprimant dans ce contexte son étonnement, à la suite de la demande de TVA de ne pas diffuser les capsules humoristiques, Me Blanchet informe le vice-président Information de TVA que le DGE ira de l’avant, et diffusera sur le Web les capsules intitulées « Chouinard en direct ».
 
Ci-après, vous trouverez le texte intégral de la lettre du DGE à M. Serge Fortin.
Québec, le 4 octobre 2009
 
Monsieur Serge Fortin
Vice-président Information TVA
 
Monsieur,
 
Nous avons bien reçu votre lettre du 2 octobre au sujet des capsules de communication humoristiques que le Directeur général des élections (DGE) entend faire diffuser sur le Web au cours des prochains jours dans le cadre de sa mission de sensibilisation des électeurs québécois de tous âges, dont les jeunes, à l’ampleur des enjeux et dossiers collectifs gérés par les municipalités du Québec et à l’importance d’y participer par le geste d’aller voter le premier novembre prochain.
 
Premièrement, nous croyons qu’il est essentiel de situer le tout dans son contexte. L’intention du DGE avec ces réalisations est d’atteindre un public important et particulièrement réfractaire depuis plusieurs années, à participer par son vote aux divers scrutins démocratiques qui se tiennent dans notre collectivité, c'est-à-dire les jeunes. Or, toutes les statistiques le démontrent et toutes les études de comportement de consommation de ce public le confirment, les jeunes se réfèrent de plus en plus au Web pour s’informer, se divertir, échanger des idées et des opinions et s’investir dans la vie civique et citoyenne.
 
De plus, des études de nos spécialistes en communication qui ont fait ce travail pour nous confirment également qu’il faut utiliser des approches, méthodes et stratégies particulières pour les atteindre, les toucher, les intéresser. Parmi ces dernières, les notions d’humour, de caricature, de surprise et d’exagération reviennent souvent. Notre objectif avec cette composante d’une campagne qui comprend d’autres volets qui seront diffusés par les médias traditionnels (publicité à la télévision aux heures de grande écoute) est donc d’étonner, de surprendre, de déstabiliser momentanément, notre public de jeunes internautes afin de les toucher et de les amener à réfléchir à la question de leur participation concrète au scrutin et à échanger entre eux sur le Web à ce sujet comme le permettent les médias sociaux du Web 2.0.
 
Lors de la préparation de ces capsules de communications humoristiques, nos spécialistes ont déployé de nombreux efforts (choix des comédiens, âge, couleur de cheveux, barbiches, etc. choix du décor neutre et difficilement identifiable, etc.) afin de justement éviter une ressemblance physique trop évidente avec quelque animateur ou quelque émission en particulier que ce soit de ce type d’émissions sur le territoire du Québec. Il était important que cet exercice soit rapidement compris comme une parodie, volontairement très exagérée par rapport à la réalité d’ailleurs, d’une catégorie assez répandue d’émissions d’affaires publiques, pratiquée par de nombreux animateurs et chaînes différentes, tant au Québec, qu’au Canada, qu’aux États-Unis.
 
Il n’est peut-être pas surprenant que malgré ces efforts, certaines attitudes communes à plusieurs de ces animateurs se ressemblent et se retrouvent au sein de ces capsules. Cela ne constitue en rien, une parodie ou imitation d’un animateur en particulier ou un manque de respect à l’endroit d’un individu précis. Cela n’était évidemment pas notre intention. Nous ne partageons donc aucunement le point de vue que vous évoquez dans votre lettre. Toutefois, malgré les efforts déployés, si votre animateur ou votre service de l’information se sont sentis visés ou blessés, nous le regrettons.
 
De plus, si vous prenez connaissance des commentaires qui circulent déjà sur le Web au sujet de cette première capsule, vous constaterez que la très grande majorité a non seulement compris sa dimension exagérée, mais semble avoir apprécié la pertinence et l’originalité de l’approche pour le public visé.
 
En ce sens, vous nous voyez étonnés, pour ne pas dire extrêmement surpris, à la fois par la réaction de votre animateur et par votre demande conséquente de ne pas mettre en onde, dans l’espace médiatique le plus public et le plus libre de tous que constitue l’Internet, ces réalisations dont, mise à part la première, vous n’avez actuellement aucunement pris connaissance.
 
Nous éprouvons beaucoup de respect pour le rôle de votre animateur et de votre entreprise dans la vie démocratique au Québec. C’est pourquoi nous sommes surpris de recevoir une telle lettre de la part d’une entreprise qui intègre un grand volet d’information dans son mandat et, de ce fait, qui fait la promotion de la liberté de presse, de la liberté d’expression et de parole et du droit du public à l’information. Cette demande s’avère extrêmement inhabituelle et constitue pour nous une première.
 
Pour toutes ces raisons, vous nous voyez dans l’obligation de refuser votre demande de surseoir à la mise en ondes de ces capsules communicationnelles strictement destinées au Web.
 
Nous souhaitons vivement que vous compreniez les motifs qui nous animent, soit de tenter une nouvelle approche pour sensibiliser les jeunes internautes à l’importance de leur participation à la vie démocratique de leur société, en allant voter lors des prochaines élections municipales du premier novembre prochain. Ne pas diffuser ces pièces de communications longuement réfléchies serait contraire à la mission qui nous été confiée par l’Assemblée nationale du Québec, soit de promouvoir la vie démocratique et stimuler la participation du plus grand nombre aux processus électoraux.
 
Enfin, nous vous invitons plutôt à nous appuyer dans cette initiative destinée à promouvoir l’exercice du droit de vote dans notre société.
 
Nous vous remercions à l’avance de votre aimable compréhension et vous prions d’agréer l’expression de nos sentiments les meilleurs.
 
Le directeur général des élections
Et président de la Commission de la représentation électorale
 
 
 Marcel Blanchet
 


Catégories : Municipal, Élections générales et MRC 2009