La Commission de la représentation électorale dévoile la nouvelle carte électorale du Québec. Après avoir analysé l’ensemble des commentaires qu’elle a reçus, elle maintient, essentiellement, les délimitations présentées dans sa proposition révisée (PDF), qu’elle avait déposée à l’Assemblée nationale le 2 décembre 2025.
Cette nouvelle carte électorale modifie 51 des 125 circonscriptions électorales afin de refléter l’évolution du nombre d’électrices et d’électeurs sur le territoire du Québec. Elle assure ainsi leur représentation juste et équitable à l’Assemblée nationale en fonction des critères qui sont prévus dans la Loi électorale. Cette carte devrait être utilisée à partir de l’élection générale provinciale prévue le 5 octobre 2026 et jusqu’à l’élection générale suivante.
Modifications apportées à la proposition révisée
Dans la région de l’Île-de-Montréal, la Commission modifie la délimitation proposée entre les circonscriptions de Pointe-aux-Prairies (formée en partie des circonscriptions actuelles de Pointe-aux-Trembles et de LaFontaine) et d’Anjou-LaFontaine (formée en partie des circonscriptions actuelles d’Anjou–Louis-Riel et de LaFontaine) pour l’établir sur le boulevard Rivière-des-Prairies. Elle réunit ainsi la communauté naturelle située autour du boulevard Rodolphe-Forget dans la circonscription d’Anjou-LaFontaine.
Dans la région des Laurentides, la Commission maintient les délimitations actuelles des circonscriptions de Groulx et de Blainville. Elle proposait un changement à leur délimitation mitoyenne pour réduire le nombre d’électeurs dans la circonscription de Blainville, mais la croissance dans ce secteur est plus faible que prévu. La Commission préserve ainsi l’intégrité des limites territoriales des villes concernées.
Par ailleurs, la Commission revient au toponyme Matane-Matapédia, alors que le toponyme Matane-Matapédia-Mitis devait entrer en vigueur lors des prochaines élections générales. Les élus avaient modifié le nom de cette circonscription, en juin 2025, dans la Loi remplaçant le nom de la circonscription électorale de Matane-Matapédia par Matane-Matapédia-Mitis, qui a été adoptée en fonction de la délimitation actuelle de la circonscription. La modification que la Commission apporte à cette délimitation fait en sorte que ce nom ne reflète plus la réalité géographique de la circonscription : en effet, le territoire de la MRC de La Mitis ne s’y trouve plus entièrement.
Faits saillants de la nouvelle carte électorale
- Deux régions du Québec compteront une nouvelle circonscription parce que les électrices et des électeurs qui y vivent sont actuellement sous-représentés à l’Assemblée nationale.
- La circonscription de Bellefeuille est créée dans la grande région des Laurentides et de Lanaudière, qui a vu son nombre d’électeurs augmenter de 11,6 % depuis l’établissement de la carte électorale actuelle. Il s’agit du taux de croissance le plus marqué au Québec.
- La circonscription de Marie-Lacoste-Gérin-Lajoie est introduite dans la grande région de l’Estrie et du Centre-du-Québec, qui a vu son nombre d’électeurs augmenter de 8,8 % depuis l’établissement de la carte électorale actuelle, alors que le taux de croissance pour l’ensemble du Québec est de 4,8 %.
- Une circonscription est retirée dans deux régions où les électeurs sont actuellement surreprésentés à l’Assemblée nationale :
- La région de l’Île-de-Montréal, qui a vu son nombre d’électeurs diminuer de 0,4 % depuis l’établissement de la carte électorale actuelle. Il s’agit de l’un des taux de croissance les plus faibles de la province;
- La région du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, où le nombre d’électeurs a crû d’à peine 0,6 % depuis l’établissement de la carte électorale actuelle. La circonscription de Gaspé est maintenant celle qui regroupe le moins d’électeurs au Québec, après celle des Îles-de-la-Madeleine, à laquelle la Loi électorale accorde un statut d’exception.
- Des modifications sont aussi apportées aux limites de certaines circonscriptions des régions de la Capitale-Nationale, de Laval, de la Montérégie, de l’Outaouais et du Saguenay–Lac-Saint-Jean.
- La Commission maintient les délimitations de sa proposition révisée pour la région de la Montérégie, dont le transfert de Coteau-du-Lac dans la circonscription de Beauharnois, qui a fait l’objet de nombreux commentaires. Ce transfert est nécessaire afin d’éviter que les circonscriptions de Vaudreuil et de Soulanges aient plus d’électeurs que le maximum permis par la Loi électorale d’ici quelques années.
- Les circonscriptions de cinq régions demeurent inchangées : celles de l’Abitibi-Témiscamingue (3), de Chaudière-Appalaches (7), de la Côte-Nord (2), de la Mauricie (4) et du Nord-du-Québec (1).
Toponymes des nouvelles circonscriptions
- Bellefeuille désigne une ancienne municipalité qui occupait la partie ouest de la Ville de Saint-Jérôme, là où est ajoutée la nouvelle circonscription. Ce nom fait aussi référence à la rivière Bellefeuille et rappelle le personnage historique Eustache-Antoine Lefebvre de Bellefeuille.
- Marie Lacoste Gérin-Lajoie a été une pionnière du mouvement féministe québécois. Elle a milité pour l’obtention du droit de vote des femmes. Même si elle n’a pas eu de lien particulier avec le territoire de la nouvelle circonscription, ses actions ont rayonné à travers tout le Québec et sont d’une grande importance pour l’ensemble des Québécoises et des Québécois.
- Avec ce toponyme, la Commission souligne la contribution d’une femme d’une époque récente et son apport à la société québécoise moderne. Actuellement, seules quatre femmes sont honorées dans la toponymie électorale. Leurs noms se trouvent dans les toponymes des circonscriptions de Jeanne-Mance–Viger et de Marguerite-Bourgeoys, toutes deux situées à Montréal; de Sainte-Rose, à Laval; et de La Peltrie, dans la Capitale-Nationale.
Citations
« Cette nouvelle carte électorale assure une représentation plus juste et équitable de l’ensemble des électrices et des électeurs, puisqu’elle tient compte de leur évolution sur le territoire. Chaque circonscription regroupe des communautés qui ont certains liens entre elles, bien qu’il soit impossible d’en arriver à des regroupements parfaits », a précisé le président de la Commission de la représentation électorale et directeur général des élections, Jean-François Blanchet. « Le retrait d’une circonscription fait toujours beaucoup réagir, mais c’est démocratique que le vote d’un électeur, d’une circonscription à l’autre, ait sensiblement la même influence sur les résultats d’une élection. »
Communiqués diffusés par la Commission depuis le début des travaux
- Révision de la carte électorale : des changements à l’image du Québec actuel, 19 septembre 2023
- Carte électorale : réaction à l’annonce d’un projet de loi visant l’arrêt du processus en cours, 28 mars 2024
- Dénomination des circonscriptions : la Commission est inquiète, 5 juin 2025
- Carte électorale : reprise des travaux, 2 décembre 2025
À propos de la Commission
La Commission de la représentation électorale est une institution indépendante et décisionnelle qui a pour mission d’établir la carte électorale du Québec. Elle agit en toute neutralité et impartialité afin que les électrices et les électeurs du Québec soient représentés de façon juste et équitable à l’Assemblée nationale. Les trois commissaires exercent également certaines responsabilités lorsque les municipalités et les commissions scolaires anglophones procèdent à la révision de leurs cartes électorales.
Annexe – Taux de croissance de l’électorat
Les taux de croissance du nombre d’électrices et d’électeurs par région sont calculés du 30 novembre 2014, date des données sur lesquelles la Commission s’est basée pour établir la carte électorale actuelle (en 2017), au 30 avril 2023, date des données utilisées pour établir la nouvelle carte électorale (en 2026).
| Région | Taux de croissance |
|---|---|
| Laurentides-Lanaudière | 11,6 % |
| Nord-du-Québec | 10,1 % |
| Estrie–Centre-du-Québec | 8,8 % |
| Outaouais | 6,6 % |
| Montérégie | 6,5 % |
| Laval | 5,1 % |
| Chaudière-Appalaches | 4,9 % |
| Ensemble du Québec | 4,8 % |
| Capitale-Nationale | 4,1 % |
| Mauricie | 3,4 % |
| Bas-Saint-Laurent–Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine | 0,6 % |
| Saguenay–Lac-Saint-Jean | 0,4 % |
| Abitibi-Témiscamingue | 0,4 % |
| Montréal | -0,4 % |
| Côte-Nord | -4,4 % |