La Commission de la représentation électorale dévoile la nouvelle carte électorale du Québec, qui modifie 51 des 125 circonscriptions. La Commission a analysé l’ensemble des commentaires qu’elle a reçus. Elle maintient, essentiellement, les délimitations qu’elle avait présentées dans sa proposition révisée, même si elle y apporte quelques modifications. Elle confirme donc sa décision de retirer une circonscription dans la région du Bas-Saint-Laurent–Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine et une autre dans la région de l’Île-de-Montréal. En contrepartie, elle en ajoute une dans la région des Laurentides-Lanaudière et une autre dans l’Estrie–Centre-du-Québec.
Ces régions présentent un écart important par rapport à la moyenne québécoise d’électrices et d’électeurs par circonscription. La carte électorale doit faire en sorte que le poids du vote des électeurs soit sensiblement le même d’une circonscription à l’autre; c’est une question d’équité. De plus, chaque circonscription doit rassembler des communautés qui ont certains liens entre elles. Ces critères sont inscrits dans la Loi électorale.
La nouvelle carte modifie également les limites de certaines circonscriptions des régions de la Capitale-Nationale, de Laval, de la Montérégie, de l’Outaouais et du Saguenay–Lac-Saint-Jean.
Cette carte devrait être utilisée pour les deux prochaines élections générales provinciales. Le rapport final de la Commission décrivant chaque circonscription sera publié au printemps 2026, mais les principaux changements sont présentés ci-dessous.
Ajout d’une circonscription dans la grande région des Laurentides et de Lanaudière
Depuis l’établissement de la carte électorale actuelle, la grande région des Laurentides et de Lanaudière a enregistré le taux de croissance le plus marqué du Québec : le nombre d’électrices et d’électeurs y a augmenté de 11,6 %*. Dans ce contexte, la plupart des circonscriptions de ces régions sont maintenant sous-représentées à l’Assemblée nationale. Une nouvelle circonscription est donc ajoutée dans cette région afin d’assurer la juste représentation des électeurs : la circonscription de Bellefeuille.
- Dans sa décision définitive, la Commission maintient les délimitations actuelles des circonscriptions de Groulx et de Blainville, dans les Laurentides, puisque la croissance n’y est pas aussi forte que prévu. Cette modification permet de préserver l’intégrité des limites municipales des villes concernées.
Ajout d’une circonscription dans la grande région de l’Estrie et du Centre-du-Québec
Le nombre d’électrices et d’électeurs de la grande région de l’Estrie et du Centre-du-Québec a augmenté de 8,8 %, alors que le taux de croissance provincial est de 4,8 %*.
C’est pourquoi une nouvelle circonscription, Marie-Lacoste-Gérin-Lajoie, est ajoutée dans cette région. Marie Lacoste Gérin-Lajoie n’a pas de lien particulier avec le territoire de la nouvelle circonscription, mais ses actions ont rayonné dans tout le Québec. Cette pionnière du mouvement féministe québécois rejoint donc les quatre femmes qui sont actuellement honorées dans la toponymie électorale.
Retrait d’une circonscription dans la région de l’Île-de-Montréal
Depuis l’établissement de la carte électorale actuelle, le nombre d’électrices et d’électeurs de la région de l’Île-de-Montréal a diminué de 0,4 %*. Les circonscriptions les moins populeuses sont toutes situées dans la partie est de l’île. Une circonscription est donc retirée dans ce secteur et les limites des circonscriptions environnantes sont revues pour augmenter le nombre d’électeurs dans la plupart d’entre elles.
- Dans sa décision définitive, la Commission modifie la délimitation qu’elle proposait entre les circonscriptions de Pointe-aux-Prairies (formée en partie des circonscriptions actuelles de Pointe-aux-Trembles et de LaFontaine) et d’Anjou-LaFontaine (formée en partie des circonscriptions actuelles d’Anjou–Louis-Riel et de LaFontaine) pour l’établir sur le boulevard Rivière-des-Prairies. Elle réunit ainsi la communauté naturelle située autour du boulevard Rodolphe-Forget, dans la circonscription d’Anjou-LaFontaine.
Retrait d’une circonscription dans la région du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine
Le nombre d’électrices et d’électeurs a augmenté d’à peine 0,6 %* dans cette région. Selon les perspectives démographiques, la croissance y demeurera sous la moyenne provinciale au cours des années à venir. La circonscription de Gaspé est celle qui compte le moins d’électeurs au Québec, après celle des Îles-de-la-Madeleine, à laquelle la Loi électorale accorde un statut d’exception. Une circonscription est donc retirée de cette région. Deux circonscriptions couvriront dorénavant le territoire gaspésien : celles de Matane-Matapédia et de Gaspé-Bonaventure.
- Dans sa décision définitive, la Commission revient au toponyme Matane-Matapédia. En juin 2025, les élus avaient adopté une loi pour changer ce nom pour Matane-Matapédia-Mitis, qui devait entrer en vigueur lors des prochaines élections générales. Or, la nouvelle délimitation modifie la circonscription et le territoire de la MRC de La Mitis ne s’y trouve plus entièrement, ce qui permet de conserver son toponyme.
* Le taux de croissance du nombre d’électrices et d’électeurs par région est calculé à partir du nombre d’électeurs inscrits le 30 novembre 2014 (date des données sur lesquelles la Commission s’est basée pour établir la carte électorale actuelle) et le 30 avril 2023 (date des données utilisées pour établir la nouvelle carte électorale).