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Allocution du directeur général des élections du Québec, M. Pierre Reid – Vision d’avenir de la démocratie : l’enjeu de la participation électorale et les avenues porteuses de l’éducation à la démocratie

14 octobre 2022

7e Colloque du lieutenant-gouverneur du Québec 2022

La version lue fait foi.

Monsieur le Lieutenant-gouverneur,

Distingués invités,

Mesdames et Messieurs,

Je tiens tout d’abord à vous remercier de m’avoir invité. C’est un privilège, pour moi, de pouvoir m’adresser à vous, aujourd’hui, au sujet de la participation électorale et de l’éducation à la démocratie.

L’enjeu de la participation électorale

Il y a quelques jours, plus de six millions de Québécoises et de Québécois ont été appelés aux urnes à l’occasion des 43e élections générales provinciales. Les électrices et les électeurs ont pris un moment pour réfléchir à l’avenir, à leurs priorités et aux meilleures solutions politiques pour eux-mêmes, pour leur famille et pour leur collectivité. Ils ont dérogé à leur routine quotidienne et ils ont pris un instant pour voter pour la personne candidate qui représentera le mieux leurs positions et leurs aspirations à l’Assemblée nationale au cours des prochaines années.

Certaines personnes ont voté pour la toute première fois; d’autres, pour la vingtième. Certaines ont voté par anticipation; d’autres ont attendu jusqu’au jour du scrutin pour prendre leur décision. Des électeurs se sont rendus aux urnes en famille, d’autres seuls. Ils y ont peut-être croisé des amis, des voisines et des voisins avec qui ils ont pris le temps de discuter. D’autres ont voté à partir de leur domicile, de leur résidence de soins, de leur établissement d’enseignement ou encore par la poste, des quatre coins du monde.

Cette élection a aussi été un point culminant pour l’engagement politique de nombreux citoyens et citoyennes. En effet, de nombreuses personnes ont choisi de poser leur candidature à l’élection, 880, pour être précis; il faut le souligner. D’ailleurs, le nombre de partis politiques autorisés était plus élevé que jamais au cours de ces élections. Ces partis et ces personnes ont activement contribué à la vitalité de notre démocratie en débattant et en proposant de nombreuses idées pour notre société.

Nous remarquons que la participation électorale est demeurée stable au cours de cette élection. Ce sont 66% des électeurs et des électrices qui sont allés voter la semaine dernière; un  pourcentage qui est similaire à celui de l’élection de 2018.

Malgré tout, une proportion importante des électrices et des électeurs du Québec est restée silencieuse. Elle n’a pas voté, peut-être par choix, par oubli, par manque de temps ou par désintérêt.

Baisse du taux de participation

Depuis le début des années 2000, le nombre d’électrices et d’électeurs qui s’abstiennent de voter augmente, au Québec. Dans la seconde moitié du XXe siècle, le taux de participation moyen avoisinait les 80 % aux élections générales provinciales. Ce taux a diminué à 68 % au cours des vingt dernières années.

La baisse de la participation électorale n’est pas unique au Québec. Ce phénomène est observé ailleurs au Canada et dans plusieurs pays de l’OCDE, comme la France et les États-Unis. Et il mérite qu’on s’y attarde.

La participation électorale constitue l’un des marqueurs du bon fonctionnement de la démocratie représentative. Il témoigne de l’adhésion des citoyennes et des citoyens. Le vote constitue une occasion privilégiée de s’exprimer sur des idées et sur des projets de société. Ce signal est crucial pour les partis politiques et pour les élus, qui proposent des solutions aux enjeux de société. La baisse de la participation électorale vient contrecarrer les principes de la démocratie représentative en privant les décideurs publics du signal électoral de certaines franges de la population.

Les facteurs d’influence

L’abstentionnisme est un phénomène complexe qui comporte de multiples facettes. Alors que certaines personnes s’abstiennent de voter de façon intermittente, en fonction de leur intérêt pour l’élection en cours, d’autres s’abstiennent systématiquement, lors de toutes les élections. Les raisons qui motivent ce comportement sont connues et étudiées de près par Élections Québec. Nous menons plusieurs projets en étroite collaboration avec la Chaire de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires de l’Université Laval.

En 2008 et en 2018, nous avons réalisé deux sondages auprès des électrices et des électeurs afin de mieux comprendre qui vote et qui s’abstient. Ces enquêtes ont confirmé l’influence de plusieurs facteurs sociodémographiques sur la participation électorale. D’après ces sondages, les non-votants sont plus jeunes, ils sont moins scolarisés, leur revenu est plus faible, ils sont souvent issus de l’immigration ou ils n’ont pas le français comme langue maternelle.  

Ces sondages montrent aussi l’influence déterminante d’un ensemble de prédispositions individuelles sur le vote comme le niveau de connaissances et d’information, l’intérêt envers la politique et la confiance envers les institutions. De fait, les non-votants se sentent moins bien informés, ils ont un intérêt moins marqué pour la politique et les élections, ils sont plus cyniques envers la politique et ils se montrent plus critiques des élus et des partis politiques. Plus souvent, ils perçoivent l’exercice du vote comme un choix plutôt qu’un devoir.

Au cours du sondage de 2018, 54 % des non-votants interrogés ont justifié leur abstention par leur perte de confiance envers les élus et la politique. Selon les spécialistes, les non-votants ont le sentiment de ne pas être entendus par le gouvernement. Le cynisme ambiant constitue un défi de taille pour ramener les électrices et les électeurs aux urnes.

Toujours en collaboration avec la Chaire, nous avons créé une base de données sur la participation électorale au Québec. Nous la mettons à jour après chaque scrutin. Elle nous renseigne sur les caractéristiques des votants et des non-votants en fonction de leur sexe, de leur âge et de leur région. Cette base de données nous fournit de précieuses informations sur la variation de la participation électorale dans le temps et entre les différents groupes sociaux.

Le vote des jeunes

Nous constatons d’importantes différences dans la participation électorale en fonction de l’âge des électrices et des électeurs. En effet, on remarque que les jeunes votent moins que leurs aînés[1]. La participation électorale varie aussi en fonction des régions. En 2018, seulement 30 % des électeurs de 18 à 24 ans habitant sur la Côte-Nord ont voté, alors que 60 % des électeurs du même groupe d’âge l’ont fait dans la région de la Capitale-Nationale.

Le fait que les jeunes votent moins que leurs aînés confirme la théorie du cycle de vie de l’électeur. En effet, au début de leur vie d’électrice ou d’électeur, les jeunes sont plus mobiles, moins enracinés et ils possèdent moins de connaissances politiques. À un âge un peu plus avancé, ils tendent à voter davantage; par exemple, au moment où ils s’enracinent dans leur communauté, fondent une famille, deviennent propriétaires et travailleurs et détiennent plus de connaissances sur la politique. En fin de vie, le taux de participation décline légèrement, essentiellement à cause de contraintes liées à la santé et à la mobilité.

L’étude des variations de la participation électorale depuis 1985 a cependant permis de démontrer qu’au Québec, la baisse du taux de participation s’explique par l’effet de remplacement générationnel. Ce déclin s’expliquerait, entre autres, par le fait que les plus jeunes générations votent dans des proportions moindres que les générations précédentes.

Parmi les pistes d’explication qu’ils avancent, les spécialistes soulignent un changement d’attitude à l’égard du vote. Les plus jeunes électeurs considèrent davantage le vote comme un choix, tandis que les plus âgés estiment qu’il s’agit d’un devoir. Les études sur les facteurs individuels tendent aussi à démontrer que l’abstention des jeunes peut s’expliquer par un manque de connaissances et d’information sur la politique et sur le vote.

En contrepartie, nous savons que les jeunes ne sont pas plus cyniques ni moins politisés que leurs aînés : ils s’investissent dans d’autres sphères que la politique partisane. Dans cette perspective, l’abstention des jeunes n’est pas forcément liée à leur désintérêt pour la politique; elle pourrait traduire une forme d’engagement politique qui s’exprime par d’autres canaux que le vote. Plutôt que d’investir les lieux de vote, les jeunes s’engagent dans d’autres types d’activités politiques en fonction des enjeux qui leur tiennent à cœur.

Des actions pour favoriser l’engagement citoyen et l’exercice du droit de vote

Les causes de la non-participation électorale sont connues. Il faut maintenant penser à des façons de freiner cette tendance.

Au cours des dernières années, Élections Québec a mis en œuvre plusieurs initiatives afin de réfléchir à la participation électorale. La Table citoyenne, que nous avons mise sur pied en 2017, y a réfléchi. Elle a proposé plusieurs idées pour susciter la participation électorale.

L’Assemblée nationale s’est aussi dotée de sa propre Table citoyenne afin de trouver des pistes d’action pour valoriser la participation citoyenne au sein de l’institution.

En France, l’Assemblée législative a mené une mission d’information pour déterminer les raisons et les facteurs liés à l’abstentionnisme. Elle a formulé plusieurs recommandations pour renforcer la participation électorale. 

Ces initiatives sont inspirantes et démontrent que les réflexions sur la participation électorale doivent émaner de l’ensemble de la société. Comme administration électorale, nous pouvons également agir pour faciliter le vote du plus grand nombre. Les recherches que nous menons sur la participation électorale nous suggèrent des pistes d’action intéressantes.

Au cours des dernières années, de nouvelles modalités de vote ont été ajoutées pour réduire les obstacles que rencontrent certains électeurs. Je pense entre autres au vote dans les établissements de soins, au vote à domicile et au vote dans les établissements d’enseignement. Nous bonifions également nos actions de communication pour bien informer les électrices et les électeurs des modalités de vote qui leur sont offertes. Nous aimerions, cependant, que la loi nous permette d’en faire davantage : nous aimerions offrir aux électrices et aux électeurs une vitrine neutre qui regrouperait en un seul lieu l’information sur l’ensemble des personnes candidates.

Nous faisons aussi plusieurs efforts afin d’améliorer les connaissances démocratiques et de susciter le goût de la démocratie et du vote chez les jeunes et chez les nouveaux citoyens. Cela m’amène à la seconde partie de mon intervention. Je vais vous parler d’un sujet qui me tient particulièrement à cœur : l’éducation à la démocratie.

Les avenues porteuses de l’éducation à la démocratie

Pour être belle et vivante, notre démocratie a besoin de citoyennes et de citoyens responsables et engagés, des personnes qui croient au rôle actif qu’ils peuvent jouer dans leur milieu, dans leur société.

Mais comment devient-on un citoyen actif, responsable et engagé? Ce n’est pas inné! Ça n’arrive pas du jour au lendemain. Le sentiment d’appartenance à son milieu et la volonté d’être partie prenante des décisions qui y sont prises sont étroitement liés à l’apprentissage des valeurs démocratiques. Ces attitudes se construisent au fil d’expériences concrètes et significatives.

Devenir un citoyen actif, responsable et engagé est quelque chose qui se sème, s’éveille, et grandit à différents moments dans le parcours d’une personne. Et tout cela doit commencer bien avant d’avoir l’âge de voter.

Faire vivre des expériences démocratiques dès le plus jeune âge

Depuis plus de 30 ans, nous mettons en œuvre différentes initiatives qui offrent l’occasion aux jeunes, dès l’école primaire, de se familiariser avec les élections, d’expérimenter l’exercice du vote et de s’ouvrir à l’engagement citoyen. Chaque élection est une occasion de faire vivre des expériences démocratiques aux jeunes.

L’organisation de simulations électorales avec les jeunes est une excellente façon de les initier concrètement aux différentes facettes d’une élection. Lorsqu’ils participent à une simulation, ils sont amenés à réfléchir aux différentes options qui se présentent à eux. Ils se rendent compte que certaines décisions politiques peuvent avoir des répercussions dans leur quotidien.

Comme dans bien des domaines, les enfants apprennent par l’exemple. C’est pourquoi nous installons des petits bureaux de vote dans tous les lieux de vote lors d’élections provinciales. Cela permet aux parents ou aux grands-parents d’éveiller l’intérêt des enfants envers la démocratie. L’enfant se sent le bienvenu au lieu de vote, il observe le déroulement du vote et il se familiarise avec ses différentes étapes. Par la suite, il peut se rendre au petit bureau de vote pour répondre à une question qui a été spécialement conçue pour les enfants. 

Lors des dernières élections provinciales, les jeunes de 16 ans et plus pouvaient, pour la première fois, faire partie du personnel électoral. Cette expérience a une grande valeur éducative pour ces futurs électeurs; elle leur permet de s’initier au fonctionnement d’une élection tout en prenant conscience de l’importance de l’exercice du droit de vote.

La place des élèves dans la démocratie scolaire

L’éducation est une avenue porteuse pour cultiver, chez les plus jeunes, le goût d’expérimenter et d’apprivoiser, petit à petit, ce que cela représente de vivre dans une société démocratique.

L’école est un environnement privilégié pour enseigner la démocratie aux enfants. Si des notions de sciences et de mathématiques peuvent leur être expliquées et vulgarisées en des termes simples, nous pensons qu’il en va de même pour la démocratie.

Nous préconisons d’ailleurs l’intégration de l’éducation à la citoyenneté démocratique dans le parcours des élèves du primaire et du secondaire. C’est pourquoi nous avons proposé d’intégrer ce volet dans le programme du nouveau cours Culture et citoyenneté québécoise, qui fait l’objet de projets pilotes dans certaines écoles dès cet automne.

Bien avant qu’ils aient l’âge de voter, les citoyennes et les citoyens devraient avoir les mêmes chances d’acquérir des connaissances et de développer des compétences favorisant leur participation à la vie démocratique. Nous estimons que l’école peut permettre à tous les élèves d’acquérir, de façon équitable et universelle, les apprentissages qui leur permettront d’exercer une citoyenneté active et responsable.

La participation des élèves à la démocratie scolaire est une autre occasion de développer les connaissances et les compétences citoyennes des jeunes. En élisant leurs représentantes et représentants au conseil d’élèves, les jeunes s’initient au processus démocratique. Le conseil d’élèves leur permet d’avoir une voix dans leur école et d’exprimer leur point de vue sur des décisions qui touchent leur vie scolaire.

Famille et socialisation politique

Toutefois, l’éducation à la démocratie ne repose pas uniquement sur l’école et sur les institutions publiques. La famille y joue également un rôle important. Cela m’amène à vous parler de socialisation politique.

En 2017, en collaboration avec la chercheuse Valérie-Anne Mahéo, nous avons réalisé un projet de recherche visant à évaluer les retombées directes et indirectes d’une activité d’éducation à la citoyenneté offerte à des élèves du primaire.

Les résultats de ce projet confirment, à l’instar de plusieurs autres études, les effets positifs des expériences de socialisation politique, et ce, non seulement sur le parcours des enfants, mais également sur l’engagement politique de leur famille. Les données recueillies ont notamment révélé que la fréquence des discussions familiales sur la démocratie avait été plus élevée lorsque les enfants avaient participé à l’activité d’éducation à la citoyenneté. Dans certains cas, les enfants ont même encouragé leurs parents à aller voter.

En d’autres mots, les enfants sont eux aussi des acteurs de socialisation politique. Ils ne sont pas seulement soumis à l’influence de leurs enseignantes, de leurs enseignants et de leurs parents. Lorsqu’ils sont exposés à de nouvelles connaissances et expériences, les enfants peuvent à leur tour les communiquer, les transmettre et entrainer des changements dans les connaissances, dans les attitudes et dans les comportements de leur entourage. C’est ce qu’on appelle la socialisation inversée.

L’importance du premier vote

La démocratie ne se limite pas aux élections, évidemment. La participation à la vie démocratique peut prendre différentes formes. Mais le vote demeure un geste important d’engagement citoyen. Le choix des personnes qui prendront des décisions pour l’avenir de notre société est un pilier important de notre démocratie.

Je l’ai mentionné plus tôt : les plus jeunes cohortes d’électrices et d’électeurs votent moins que les générations précédentes au même âge. Un autre constat révélateur ressort de plusieurs études : un jeune qui ne vote pas la première fois qu’il est en âge de le faire ne le fera probablement jamais.

Le premier vote est donc important… Il est même déterminant, crucial!

Alors, c’est important d’inciter les jeunes à se présenter aux urnes la première fois qu’ils peuvent le faire. Chaque année, plus de 70 000 jeunes Québécoises et Québécois obtiennent le droit de vote[2].

On peut prendre l’habitude de voter. C’est une habitude à développer chez les jeunes et les personnes immigrantes, par exemple. Le premier vote s’applique bien sûr aux jeunes qui atteignent 18 ans, mais il concerne aussi les nouveaux citoyens qui obtiennent leur droit de vote. C’est important de faire prendre conscience aux nouveaux citoyens qui obtiennent leur droit de vote qu’ils sont des acteurs de notre démocratie. C’est dans cet esprit que nous communiquons avec eux lorsqu’ils obtiennent leur citoyenneté[3].  

L’éducation à la démocratie est une clé. Elle permet d’accéder à des apprentissages significatifs qui poussent chaque personne à faire des pas importants pour devenir une citoyenne ou un citoyen actif, responsable et engagé.

Conclusion : l’avenir de notre démocratie, une responsabilité partagée

En conclusion, aucune personne et aucune institution n’a le pouvoir de faire augmenter la participation à la vie démocratique à elle seule. C’est normal qu’à titre d’administration électorale, Élections Québec se préoccupe de la baisse de la participation électorale et qu’elle éveille les jeunes à la citoyenneté et à la démocratie. Mais ses actions ne suffisent pas.

L’avenir de notre démocratie est une responsabilité partagée par tous les acteurs de notre société. L’ensemble de ces acteurs devraient participer à un vaste chantier de travail et de réflexion sur la participation électorale. Élus, partis politiques, médias, enseignantes, enseignants, parents et société civile devraient s’engager dans cette réflexion avec Élections Québec afin que nous trouvions, collectivement, des solutions innovantes pour stimuler le vote.

Ensemble, nous pouvons faire une différence. Nous pouvons, grâce à nos actions complémentaires, construire une société démocratique dans laquelle les citoyennes et les citoyens prennent leur place, font résonner leur voix et participent activement à son développement.

Je vous remercie de votre attention. Merci.


[1]. En 2018, par exemple, le taux de participation général était de 66,5 %. Si l’on se concentre sur les électrices et électeurs de moins de 35 ans, le pourcentage dépasse à peine la barre des 50 %. En comparaison, environ 80 % des électeurs de 65 à 74 ans ont voté.

[2]. Nous faisons parvenir à chacun de ces jeunes, quelques mois avant ses 18 ans, une lettre personnalisée l’incitant à vérifier son inscription sur la liste électorale afin qu’il puisse voter lorsqu’il en aura l’occasion pour la première fois.

[3]. Une lettre personnalisée est envoyée aux personnes qui viennent d’obtenir leur citoyenneté canadienne et qui résident au Québec. Cette lettre les informe sur leur inscription à la liste électorale permanente et sur leurs droits électoraux.