Compte rendu de la rencontre de la Table citoyenne du 22 juin 2026
En résumé
Le quatrième mandat de la Table citoyenne a commencé lors d’une rencontre qui s’est tenue à Québec le 22 juin 2026. La Table compte maintenant 12 nouveaux membres âgés de 16 à 34 ans. Ces personnes ont été recrutées à la suite d’un appel de candidatures lancé en mars 2026. C’est la première fois qu’Élections Québec oriente les travaux de la Table citoyenne pour obtenir la perspective de la jeunesse québécoise.
Les objectifs de cette rencontre étaient de faire connaissance, d’établir un climat de travail collaboratif, de présenter Élections Québec aux membres et de leur expliquer le rôle qu’ils joueront au cours des deux prochaines années. Cette rencontre a aussi permis de tenir deux ateliers de travail.
Présences
Membres de la Table citoyenne
- Karam Alkattan
- Carol Ann Asselin
- Maezie Caouette
- Gabriel Labrosse
- Arthur Merezhepov
- Soukaina Moutaouakkil
- Anne Sophie Ouellet
- Anthony Pelletier
- Oumar Sall
- Émilie Sinclair
Membres du personnel d’Élections Québec
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- Jean-François Blanchet, directeur général des élections
- Mélanie Michaud, secrétaire générale
- Anne Moisan-Lapointe, conseillère stratégique auprès du directeur général des élections
- Simon Mélançon, animateur
- Nathalie Turcotte, coordonnatrice de la Table citoyenne
- Mélanie Veilleux, conseillère à la coordination au Secrétariat général
- Stéphanie Ménard, directrice du Service de l’éducation à la démocratie
- Lydie Bussières, conseillère en communication
Les personnes suivantes ont participé à une partie de la rencontre :
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- Sandrine Charron, conseillère experte en publicité
- Geneviève Savard, coordonnatrice de l’équipe du conseil stratégique en communications
- Jean-Nicolas Patoine, conseiller en communication
- Patrik Gilbert, directeur de la recherche et de la gestion intégrée des documents
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Les travaux de la Table citoyenne visent à définir et à comprendre les souhaits des électrices et des électeurs en matière d’élections. La réflexion des membres n’est pas limitée par les dispositions légales qui régissent les activités du directeur général des élections et l’organisation des scrutins, ce qui changerait le sens de cet exercice. Ainsi, les propositions formulées par les membres au cours des divers ateliers ne répondent pas nécessairement aux exigences actuelles de la Loi électorale ni aux contraintes logistiques qui en découlent.
La rencontre s’est tenue de 8 h 30 à 16 h 30 au 1045, avenue Wilfrid-Pelletier, à Québec.
Compte rendu
Mot de bienvenue et présentation des membres
La coordonnatrice souhaite la bienvenue aux membres. Elle présente l’ordre du jour et elle invite l’animateur à faire un tour de table afin que tous les membres se présentent.
Mot du directeur général des élections
Le directeur général des élections souligne que la Table citoyenne a été créée en 2017 et que ce comité consultatif permet à l’institution d’améliorer ses façons de faire. Il précise qu’Élections Québec n’a pas nécessairement le pouvoir de modifier les lois électorales du jour au lendemain, mais que l’institution peut faire certaines recommandations au fil du temps.
Il informe les membres que l’institution a reçu près de 400 dossiers de candidature pour former la nouvelle Table citoyenne. Cela confirme que les jeunes de 16 à 34 ans ont une réelle volonté de faire entendre leur voix. Il ajoute que les élections générales provinciales se dérouleront le 5 octobre. À cette occasion, il faudra embaucher et former plus de 60 000 personnes pour assurer le bon déroulement du scrutin et le respect de la Loi électorale. Il rappelle que les personnes de 16 ans et plus peuvent maintenant travailler lors des élections. Il invite les membres à relayer cette information dans leur réseau.
Principaux mandats d’Élections Québec
L’animateur demande aux membres s’ils ont parcouru le Guide d’introduction à Élections Québec qui leur a été envoyé quelques semaines avant la rencontre. Certains membres indiquent que quelques éléments d’information les ont surpris, dont le fait que le directeur général des élections est nommé par l’Assemblée nationale et que de nombreuses modalités de vote sont offertes, y compris dans les centres d’hébergement. Un autre membre indique qu’il était impliqué dans les conseils d’élèves et qu’il ne savait pas que le programme Vox populi était offert grâce à Élections Québec.
L’animateur présente ensuite les 10 règles d’or pour favoriser la délibération au sein de la Table citoyenne. Il enchaîne avec une présentation globale sur la mission et sur les mandats de l’institution.
Atelier 1 : les communications en vue des élections générales provinciales
Trois membres du personnel du Service des communications institutionnelles animent cet atelier. Ils annoncent aux membres que la campagne de communication portant sur les élections comprend trois volets, qui permettent respectivement de sensibiliser, d’informer et de recruter. Le public cible est fragmenté, alors l’institution doit varier les façons de faire et s’adapter aux diverses clientèles. Les communications d’Élections Québec doivent joindre les électrices et les électeurs en général, mais aussi plusieurs clientèles particulières : les Autochtones, les chasseurs, les premiers votants, les personnes en situation d’itinérance, etc.
Habitudes de consommation médiatique
Afin de bien choisir les canaux de communication visant les jeunes électrices et électeurs, le Service des communications institutionnelles demande aux membres de noter leurs habitudes de consommation des différentes plateformes. Il invite les membres à associer le chiffre 1 aux plateformes qu’ils consultent fréquemment; le chiffre 2 à celles qu’ils consultent à l’occasion; et le chiffre 3 à celles qu’ils consultent rarement ou jamais.
Parmi les 23 plateformes médiatiques faisant l’objet de l’atelier, Instagram, Spotify et YouTube rallient davantage les membres de la Table citoyenne. Ils consultent aussi souvent La Presse, Le Journal de Montréal, Le Journal de Québec et Le Devoir.
Voici le classement complet et la note moyenne de chaque plateforme.
- Instagram : 1,1
- Spotify : 1,2
- YouTube : 1,3
- La Presse : 1,6
- Netflix : 1,7
- Le Journal de Montréal et le Journal de Québec : 1,8
- Radio-Canada (ICI Télé) : 1,9
- Le Devoir : 1,9
- Facebook : 1,9
- Balados : 2,0
- Snapchat : 2,2
- Radio : 2,2
- TVA : 2,2
- Les Coops de l’information : 2,3
- Reddit : 2,3
- TikTok : 2,4
- Google News : 2,6
- Noovo : 2,8
- The Gazette : 2,9
- The Globe and Mail : 2,9
- Twitch : 2,9
- X : 2,9
- Apple News : 3,0
Un membre mentionne qu’il aime mélanger les sources en consultant de grands quotidiens québécois et des réseaux sociaux. Un autre indique qu’il préfère consulter la radio et les journaux internationaux, parfois sur YouTube. Une personne souligne qu’elle utilise LinkedIn, Grenier et InfoBref; une autre préfère l’application de Radio-Canada. Une personne mentionne qu’elle utilise ChatGPT et Telegram et une autre, le Canal de l’Assemblée nationale. Enfin, un membre s’informe en consultant HugoDécrypte et le créateur de contenu Farnell Morissett.
Les membres sont ensuite invités à dire s’ils préfèrent les vidéos courtes (comme celles diffusées sur TikTok), les vidéos longues (comme celles diffusées sur YouTube), les textes (comme les articles et les blogues) ou le contenu audio (comme les balados ou la radio).
Les membres perçoivent beaucoup d’avantages aux vidéos courtes. Elles captent l’attention, viennent à eux sans effort, exigent moins de concentration et de temps et sont plus spontanées. Quant aux vidéos longues, elles permettent d’obtenir de l’information de qualité et d’étudier un sujet plus en profondeur. Un membre souligne qu’il préfère se procurer un livre lorsqu’il souhaite approfondir un thème. Certains membres trouvent que les textes sont intéressants pour aller chercher de l’information, mais qu’ils nécessitent un engagement plus actif que les vidéos.
Plusieurs membres consultent les sites gouvernementaux pour s’informer. Une personne souligne que c’est parfois difficile de trouver ces sites et une autre, qu’ils sont trop froids. Quatre membres utilisent l’intelligence artificielle pour résumer les sites gouvernementaux.
Recrutement du personnel électoral
Quatre membres rapportent qu’ils ont déjà travaillé lors d’élections. Ils précisent que ce n’est pas un travail compliqué pour les jeunes, que l’expérience est enrichissante et que l’aspect communautaire est intéressant. Pour aider Élections Québec à choisir les messages qui inciteraient davantage de jeunes à travailler lors des élections, les membres sont invités, en équipe, à classer les énoncés suivants en ordre d’intérêt.
- C’est une expérience citoyenne marquante
- C’est un ajout précieux à ton CV
- C’est un travail rémunéré, et non du bénévolat
- C’est une façon de découvrir comment les élections fonctionnent
Classement des équipes
- Équipe 1 : C, B, A et D;
- Équipe 2 : B, C, A et D;
- Équipe 3 : pour les jeunes de 16 à 21 ans, C, A, D et B; pour ceux de 22 à 24 ans, B, C, A et D.
L’ajout précieux au CV et le travail rémunéré sont les messages qui semblent les plus porteurs aux yeux des membres. Une personne souligne qu’un autre message intéressant pourrait porter sur le temps d’investissement peu élevé : travailler aux élections, c’est un blitz. Un autre membre précise qu’on pourrait parler d’expérience de vie plutôt que d’expérience citoyenne.
Médias sociaux
Les membres sont ensuite invités à classer les médias sociaux Facebook, Instagram, TikTok et Snapchat en fonction de leur efficacité pour rejoindre les jeunes
Classement des équipes
- Équipe 1 : TikTok, Instagram, Snapchat et Facebook
- Équipe 2 : Instagram, TikTok, Facebook et Snapchat
- Équipe 3 : Instagram, TikTok, Snapchat et Facebook
TikTok et Instagram s’imposent comme les médias sociaux à prioriser auprès des jeunes. Dans leurs commentaires, les membres indiquent qu’Instagram semble un peu plus professionnel que TikTok. Les membres sont unanimes sur deux éléments : les jeunes utilisent peu ou pas Facebook; et Snapchat est une plateforme de discussion sur laquelle les abonnés ne veulent pas voir de contenu ni de publicité.
Par ailleurs, les avis des membres sont partagés quant au recours à des influenceurs. Certains d’entre eux considèrent que cette pratique n’est pas souhaitable pour une institution. D’autres soulignent que si l’institution choisit les bonnes personnes, elle pourrait parvenir à joindre des gens moins engagés.
Atelier 2 : comment rendre la participation électorale plus simple, plus motivante et plus significative pour les jeunes?
Le directeur de la recherche et de la gestion intégrée des documents présente les principales statistiques sur la participation électorale au Québec. Il indique que le taux de participation des personnes de moins de 35 ans était de 54 % lors des élections générales provinciales de 2022. Il précise que les femmes votent généralement plus que les hommes et que le taux de participation est plus faible dans certaines régions qu’ailleurs.
L’animateur invite les membres à travailler en équipe afin de répondre à la question suivante :
- Comment rendre la participation électorale plus simple, plus motivante et plus significative pour les jeunes?
Les équipes soumettent plusieurs idées qui méritent une analyse plus approfondie. Nous les regroupons par thèmes ci-dessous.
Nouvelles stratégies ou moyens de communication
- Tenir une soirée électorale organisée par et pour les jeunes en ayant recours à des influenceurs (comme Alexane Drolet [Alexplique], Mathieu Dufour, Julia Pagé, Alicia Morel-Michaud et Mounir Kaddouri) et la diffuser sur les médias sociaux populaires;
- Créer une mascotte des élections et nommer des ambassadeurs qui pourraient se rendre dans des salons de barbier, dans des magasins et dans des restaurants, par exemple;
- S’adresser aux jeunes lors de certaines activités de l’été qui précède une élection (dans les festivals et les lieux publics, par exemple);
- Créer des mèmes;
- Présenter les grandes lignes des engagements des partis, des candidates et des candidats de la circonscription sous forme de dépliants (pour des envois postaux) ou de panneaux d’information (qui pourraient être affichés dans les lieux de vote).
Propositions pour les établissements d’enseignement
- Lancer un concours de bande dessinée réservé aux écoles sur le thème des élections;
- Tenir des kiosques dans les établissements d’enseignement supérieur pour présenter les principales idées des partis et pour parler des modalités de vote;
- Offrir un cours d’éducation politique dans les écoles secondaires;
- Fournir des documents pédagogiques prêts à l’emploi aux écoles.
Propositions entraînant des modifications à la Loi électorale ou l’accord du législateur
- Permettre le vote en ligne;
- Étendre le vote (ou la sensibilisation au vote) dans des lieux informels, comme les milieux de travail (notamment les grandes usines en région) et miser sur des partenaires comme les carrefours jeunesse-emploi ou Place aux jeunes en région;
- Comptabiliser le vote blanc (c’est-à-dire le vote par lequel un électeur n’exprime aucun choix ou manifeste son rejet d’une offre politique) séparément des votes rejetés.
Propositions liées aux technologies
- Créer une application pour faciliter la communication avec les électrices et les électeurs, pour diffuser de l’information sur le vote (lieu et heure) et sur les candidatures ainsi que pour stimuler l’engouement autour des élections;
- Créer une boussole électorale qui s’adresse davantage aux jeunes et qui serait accessible au moyen d’un code QR.
Autres idées
- Élaborer une stratégie pour le transport le jour du vote (proposer du covoiturage ou offrir le transport en commun gratuitement, par exemple);
- Penser à un mécanisme de remerciement ou de récompense (comme un tirage pour des visites culturelles) qui permettrait d’offrir de la reconnaissance aux personnes qui votent souvent;
- Bien expliquer l’impact d’un vote après les élections;
- Offrir une tribune jeunesse à l’Assemblée nationale composée de 127 jeunes pour les 127 circonscriptions;
- Installer une urne permettant aux jeunes de se prononcer sur un ou plusieurs enjeux qui les touchent directement pour atténuer leur sentiment d’impuissance.
Grille d’observation sur les élections générales provinciales et rapport postélectoral
La coordonnatrice de la Table citoyenne informe les membres qu’au cours de l’été, ils recevront un courriel comprenant une grille d’observation sur les élections générales provinciales. Les membres pourront répondre à des questions portant sur les communications, sur les modalités de vote et sur le temps d’attente, notamment. Une conseillère du Secrétariat général ajoute qu’Élections Québec lira et analysera les réponses et les observations avec attention. Cette grille constitue une source d’information précieuse pour prendre le pouls des électrices et des électeurs et pour améliorer les façons de faire.
La conseillère explique qu’à la suite des élections, l’institution déposera son premier rapport postélectoral à l’Assemblée nationale. Il comprendra des observations et des constats sur les élections ainsi que des propositions au législateur pour modifier la Loi électorale.
Bilan de la journée
L’animateur informe les membres qu’ils recevront un sondage de satisfaction à la suite de la rencontre. Il invite les membres à s’exprimer sur le déroulement de la journée. Enfin, le directeur général des élections remercie les membres pour leur engagement et il les informe que la prochaine rencontre devrait avoir lieu à l’automne.